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LA LICORNE

La licorne, selon les légendes médiévales, créature chaste et évanescente, ne peut etre capturée que par une vierge immaculée sur le giron de laquelle l'animal, ravi, posera sa tête et sa longue corne.

C'est à ce moment que les chasseurs tentent de s'emparer de la licorne pour l'offrir au roi.

Dans la tradition éclésiastique médiévale, la capture de la bête mythique est interprétée comme un symbole de l'incarnation du Christ dans le sein de la Vierge (...selon Jung).

La chasse à la licorne figure aussi dans la quête du Graal.

Tout comme dans l'alchimie, la licorne, se rattache alors à la quête de la pierre philisophale et à l'union avec la femme pure.

Version du Graal (Von Eschenbach)

"Nous avons capturé la bête appelée Licorne

qui connait et préfère un sein de jeune fille

et qui s'y endort.

nous avons pris sous sa corne

la superbe escarboucle

dont la pierre étincelle contre la blancheur de la tête de mort" Parsifal

Lien de l'archétype de la licorne avec les symboles de sublimation, tels que la Vierge, la Lune.

La licorne est toujours ou presque représentée avec un corps blanc, emblème de pureté de chasteté.  

Et avec un caractère insaisissable, bondissant dans des prairies ou des forets, ou s'élançant dans le ciel.

La Licorne devient associée au croissant de lune, qui a servi depuis les temps immémoriaux  à représenter la pureté, la virginité..et la maternité en même temps.; que ce soit d'Ishtar, d'Isis, d'Artémis ou de la Madone 

inspiré de l'Alchimie /Johannes Fabricius

 

Les bestiaires médiévaux (recueils de fables) décrivent la licorne comme un animal d'un blanc neigeux, symbole de luxe et de pureté. Seule une jeune fille pouvait l'approcher et la rendre docile.

Pour les Chinois, la licorne, emblème royal, est un animal bénéfique. La blesser ou la tuer entraînerait les pires malheurs.
 
La licorne est un animal légendaire - une sorte de gazelle à corne frontale unique -, porteur de symbolismes et de fantasmes divers, qui a hanté l'imagination d'écrivains et de peintres depuis l'Antiquité tardive jusqu'à la Renaissance et même au-delà.
En fait, ce sont les artistes qui ont assuré son succès. Il existe des unicornes réels ou imaginaires dans d'autres cultures - indienne, chinoise, arabe, africaine -, mais la licorne occidentale donne lieu à un corpus iconographique et littéraire cohérent qui doit peu à peu à des emprunts extérieurs.
La forme la plus classique de la légende la montre inséparable d'une jeune fille; son histoire est donc celle d'un couple, et l'aspect érotique peut être tenu pour central même là où le symbolisme religieux prédomine en apparence.
Aussi est-il absurde de voir dans la licorne un symbole de pureté: elle en est l'emblème, en raison de son lien ambigu avec une jeune vierge.
Mis à part quelques antécédents chez des géographes naturalistes grecs et la traduction approximative d'un mot de la Bible hébraïque, notre licorne apparaît avec son histoire définitive et son application christologique dans un bestiaire alexandrin du IVe siècle; un texte hermétique antérieur permet de penser que la légende préexistait au symbolisme.
 
La licorne est décrite comme un animal sauvage et très robuste, ressemblant à une chèvre, que seule peut capturer une vierge pure: il saute dans son sein, elle lui donne à téter et l'on s'en empare.
C'est une figure du Sauveur, est-il ajouté, qui a établi sa demeure dans le sein de la Vierge.
Un second passage établit la vertu protectrice de la corne à l'égard des poisons, thème qui cheminera parallèlement au premier et donnera lieu à un commerce lorsqu'on connaîtra l'incisive du narval.
En général, les Pères de l'Église évoquent volontiers la licorne mais non le couple, et l'animal est représenté seul dans l'art chrétien ancien.
Mais le Physiologus et un texte d'Isidore de Séville qui le cite seront diffusés partout au Moyen Âge.
À partir du IXe siècle, des œuvres plastiques admirables reproduisent la scène de la capture: manuscrits d'abord (psautiers, bestiaires), ensuite sculptures, vitraux, tapisseries, émaux, ivoires, etc.
Tantôt le sens en est profane - ruse de femme, image de l'amour -, tantôt le symbolisme religieux s'impose.
L'animal lui-même tend à grandir, à s'adoucir, à devenir régulièrement blanc, à ressembler à un cheval. L'œuvre d'art la plus célèbre, à juste titre, la tapisserie du musée de Cluny intitulée La Vue , est un admirable poème d'amour: d'adoration, de soumission, de solitude du couple, de tendresse réciproque; et pourtant les regards ne se croisent pas, la licorne regarde sa propre image dans le miroir.
À partir de la Réforme et de la réaction catholique, la licorne disparaît de l'art religieux, se fait rare chez les peintres et les écrivains.
D'un côté, quelques exceptions: Léonard de Vinci, Raphaël, le Dominiquin, Gustave Moreau; et, de l'autre côté, les frères Grimm, George Sand, Dickens, Lewis Carroll et surtout Rainer Maria Rilke, qui lui a consacré deux poèmes et un long passage des Cahiers de Malte Laurids Brigge.
Symbole de la sainteté et de la chasteté, la licorne est présente dans un grand nombre de tapisseries du Moyen Âge (la Dame à la Licorne, fin du XVe siècle, musée de Cluny).
Elle est très fréquente dans les armoiries héraldiques.

 

 

 

 

 

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