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Légende

La Fée Mélusine a le don de transformation. Elle apparaît comme une « Dame » des fontaines et des eaux. C’est sous cette forme tenant du serpent et de la sirène que, violant l’interdit, son époux Raimondin la découvre au bain. C’est métamorphosée en serpente qu’elle s’évade du manoir conjugal. Et c’est sous forme d'oiseau qu'elle revient pousser des cris d'effroi chaque fois qu'un malheur menace les Lusignan. Bref, elle concilie les divers éléments : les Eaux en tant que Sirène ou Ondine ; la Terre comme Serpent; l'Air en tant qu'Oiseau.

Elle est d'abord Dame des eaux, des rivières, des lacs, de la plage et des bains. Déjà aux temps antédiluviens, sous la lune son astre, elle pêchait des pois­sons argentés, une de ses formes secrètes. Nageuse incomparable et ondine d'argent, elle reste une fée proche des fontaines, où, comme Mélisande, elle perd son anneau.

Elle est aussi Génie de la Terre, des bois, au cœur desquels vient s'ins­crire sa demeure, sentant bon les sous-bois, les fourrés où les serpents vont dépouiller leur peau ; où, une fois coupés, serpentent aussi les racines des arbres qui survivent et fissurent les murs. De ce vieux génie de la terre : le Serpent, elle a la peau, écailleuse. Sa reptation en a la rapidité. Elle rampe et s'enroule autour de son amant, l'étouf­fant de ses spires, jusqu'au moment des noces où perçant sa nature secrète, l'homme, le vieil ennemi «tueur de fées», la contraindra au cri, à la fuite, à la disparition.

Elle est encore Génie de l'Air, génie lunaire, accordant à l'époux et ses cuisses de lune et ses fesses de lune, fraternelle à cet astre des nuits qui dis­pense les fantasmes et les songes, et sous l'auréole duquel elle fuit à jamais sous une forme ailée.

Enfin, elle est Fée bâtisseuse, traçant des plans, guidant des arti­sans, élevant sa demeure sur le contour du sol qu'interdisent des cordeaux ; ou encore, sur le sable des plages, édifiant des tours, des douves, des portes et des ponts. Fée autour de qui s'écroulera plus tard la demeure bâtie, ainsi que toute la cité qui s'abîmera au vide de ses grottes.

Il existe une certaine affinité entre Mélusine et la Vouivre, car les deux sortent des entrailles de la terre comme les dragons. De même, il est facile de trouver des similitudes entre Mélusine avec la Fée Morgane et la Dame du Lac du cycle des Romans des Chevaliers de la Table Ronde.

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